Consentement dans le couple : un sujet essentiel, même après des décennies de mariage
- Hamel Ratanat
- 18 nov. 2025
- 3 min de lecture
On pourrait croire qu’au sein d’un couple, surtout quand la relation dure depuis longtemps, la question du consentement va de soi. Pourtant, j’entends encore trop souvent des propos qui montrent que ses contours restent flous, y compris dans le milieu de l’accompagnement conjugal et de la santé sexuelle.
Il est donc essentiel de rappeler ce que signifie réellement consentir, en particulier dans une relation conjugale ou sexuelle.
Le consentement : une définition claire pour les couples
Dans une relation de couple, qu’elle soit toute nouvelle ou vieille de plusieurs décennies, qu’il s’agisse d’un partenariat libre, d’un PACS ou d’un mariage, le consentement est l’accord libre, éclairé, enthousiaste et réversible de chaque partenaire avant tout acte physique ou sexuel.
Il s’agit d’un oui clair, exprimé sans pression, sans contrainte, sans dette affective ni attente liée au rôle conjugal. Le consentement ne découle jamais automatiquement du fait d’être ensemble, d’aimer, de vivre sous le même toit, d’être engagés ou mariés.
On ne “doit” rien à son partenaire.
Ni par amour, ni par loyauté, ni par habitude.
Pourquoi le consentement ne peut pas être implicite dans le couple
Les idées reçues persistent : “dans un couple, c’est normal”, “au bout de X années, on se connaît”, “on n’a pas besoin de demander”, “c’est la routine”, etc.
Pourtant, le consentement n’est pas un droit acquis, même après 1 an, 10 ans ou 30 ans de relation.
Le mariage ne crée aucun “devoir conjugal” qui viendrait annuler la notion de choix personnel.
Au contraire : la durée du couple renforce la nécessité du respect, de l’écoute et de la liberté individuelle.
Ce qui fait consensus sur les contours du consentement
Les professionnels travaillant sur ces sujets s’accordent sur plusieurs points fondamentaux :
1. Un non est un non.
Sans nuance, sans exception, sans justification à fournir.
Le contexte, l’historique du couple ou la relation n’y changent rien.
2. L’absence de non n’est pas un oui.
Le silence, la passivité, l’hésitation ou la résignation ne sont jamais des accords.
3. Le consentement doit être volontaire.
Il ne peut exister sous pression, même subtile, émotionnelle, psychologique ou conjugale.
4. Le consentement est réversible à tout moment.
On peut dire oui au début et changer d’avis ensuite.
5. Le consentement est spécifique.
Dire oui à un geste ou à un moment ne signifie pas dire oui à tout.
6. Le consentement est actif.
Il implique une participation, une envie réelle, un engagement mutuel.
Consentir, ce n’est pas seulement être d’accord
Dans le couple, il arrive que l’un “accepte” pour faire plaisir, par fatigue, pour éviter un conflit, ou parce qu’il pense que c’est “normal”.
Mais consentir, ce n’est pas être d’accord à contre-cœur.
Consentir, c’est avoir envie.
C’est sentir que l’on est libre de choisir, sans pression, sans culpabilité, et que son choix, qu’il soit oui ou non, sera respecté.
C’est aussi une qualité essentielle d’un couple sain : savoir accueillir un refus sans se sentir rejeté, sans le transformer en conflit, et sans remettre en cause la valeur de la relation.
Parler de consentement dans le couple : un acte d’amour
Aborder ces questions ouvertement, c’est créer un espace où chacun peut se sentir sécurisé, entendu, respecté.
Parler de consentement, ce n’est pas mettre en doute la relation : c’est prendre soin du lien, de la confiance et de l’intimité.
Le consentement n’est pas une formalité.
C’est une base. Une valeur. Un cadre protecteur.
Et avant tout, une manière d'aimer.



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